Fulcanelli l'alchimiste

Julien Champagne, l'illustrateur de ses livres

(23 janvier 1877 - 26 août 1932)

 

Julien Champagne dans son laboratoire

Photo (lien vers le bas de page) du laboratoire de Julien Champagne, illustrateur des Fulcanelli. La bordure entourant cette photo porte en bas à droite une dédicace de J. Champagne à son maître Pierre Dujols (document inédit).

 

Frontispice du "Mystère des Cathédrales"

Julien Champagne, Frontispice du Mystère des cathédrales de Fulcanelli

Dessiné par Julien Champagne en 1910

Publié en 1926 dans le "Mystère des cathédrales"

Autoportrait de Julien Champagne, où il se fait appeler "Fulcanelli"

Julien Champagne, autoportrait, vers 1930

Peint chez Schwaller de Lubicz à Grasse (Alpes-Maritimes) vers 1930 (document inédit)

Peinture alchimique de Julien Champagne. L'animation.

Julien Champagne, la Femme Universelle

Dessiné par Julien Champagne en 1910

Publié en 1945 dans le livre d'Eugène Canseliet "Deux logis alchimiques"

 

Partons de choses sûres et connues : deux ouvrages d'alchimie portent comme nom d'auteur le pseudonyme "Fulcanelli". Qui se cache derrière ? Pourquoi ?

Le premier livre de Fulcanelli s'intitule "Le Mystère des Cathédrales et l'interprétation ésotérique des symboles hermétiques du Grand-oeuvre" et le second "Les Demeures Philosophales et le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'art sacré et l'ésotérisme du Grand-Oeuvre".

Ces deux ouvrages sont montés dans le domaine public, la publication ayant eu lieu il y a plus de soixante-dix ans et l'auteur étant anonyme.

 

Etudions tout d'abord le dépot légal à la Bibliothèque Nationale de France :

Auteur : Fulcanelli (pseudonyme de Jean Julien Champagne) Titre : Fulcanelli. Le Mystère des cathédrales et l'interprétation ésotérique des symboles hermétiques du Grand-Oeuvre. Préface de E. Canseliet, F. C. H. Ouvrage illustré de 36 planches d'après les dessins de Julien Champagne [Texte imprimé] Publication : Nogent-le-Rotrou, impr. P. Daupeley-Gouverneur ; Paris, Jean Schemit, libraire, 52 rue Laffitte, le 25 septembre 1926. In-8, 150 p. [9444] Autre auteur : Canseliet, Eugène (1899-1982). Préfacier

 

Auteur : Fulcanelli (pseudonyme de Jean Julien Champagne)

Titre : Fulcanelli. Les Demeures philosophales et le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'art sacré et l'ésotérisme du grand-oeuvre. Préface de Eugène Canseliet, F. C. H. Ouvrage illustré de 40 planches, d'après les dessins de Julien Champagne [Texte imprimé] Publication : Nogent-le-Rotrou, impr. P. Daupeley-Gouverneur ; Paris, Jean Schemit, libraire, le 22 novembre 1930. In-8, XI-351 p. [1823]

Lorsque vous voulez consulter les éditions originales, vous vous heurtez à la mention "Disponibilité : absence constatée (après récolement)", signifiant : les ouvrages originaux de Fulcanelli ont été volé.

 

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Que nous apprend l'Encyclopédie Universalis, référence d'un savoir universitaire ?

"On ne sait rien de l’auteur qui signait «Fulcanelli», mais "Le Mystère des cathédrales" (Paris, 1926) et "Les Demeures philosophales et le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’art sacré et l’ésotérisme du grand œuvre" (Paris, 1930), parus entre les deux guerres mondiales, s’imposèrent d’emblée à l’attention des curieux d’alchimie ainsi que des historiens de l’art.

Son nom hermétique, qui semble une combinaison de "Vulcain et d’Élie", ne permet pas de l’identifier. Le secret est resté bien gardé. Dans "Le Matin des magiciens" , Jacques Bergier prétend l’avoir connu. Il aurait été ingénieur à la Compagnie du gaz. On l’identifie souvent à Jean Julien Champagne, mort en 1939 et illustrateur de l’édition originale parfois à Rosny aîné ou encore au libraire Pierre Dujols. D’autres identifications plus fantaisistes, et redonnant corps au mythe de Nicolas Flamel, regardent Fulcanelli comme un adepte immortel et plusieurs fois centenaire.

Eugène Canseliet (1899-1982) affirme être son seul disciple. Cet alchimiste est l'auteur de plusieurs ouvrages. Il affirme avoir fréquenté longtemps Fulcanelli. Celui-ci aurait trouvé la pierre philosophale et l’immortalité, mais M. Canseliet se refuse à toute information précise. Tous deux se réclament d’une mystérieuse société secrète, la Fraternité d’Héliopolis, dont les origines remonteraient à l’Égypte du début de l’ère chrétienne...

 Les affirmations de ce mystérieux personnage sont intéressantes. Il a voulu montrer d’abord que les chefs-d’œuvre de l’art gothique doivent être interprétés essentiellement comme l’expression d’une pensée alchimique, et que des adeptes supervisèrent directement ces travaux. S’il semble difficile d’admettre toutes les propositions de l’auteur, celui-ci a eu au moins le mérite d’attirer l’attention de nos contemporains sur un aspect trop négligé de l’art médiéval."

Fin de citation.

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Enfin que connait-on de vrai sur Fulcanelli ? Quelle personne se cache derrière ce pseudonyme ?

Deux témoignages directs sont incontournables.

Tout d'abord citons Robert Ambelain (1907-1998), spécialiste de l'ésotérisme, auteur de plusieurs ouvrages. Il a bien connu Julien Champagne. Dans un article intitulé "Jean-Julien Champagne, alias Fulcanelli" publié en 1962, numéro 8 de la revue "La Tour Saint Jacques", aux pages 181 à 204, il explique que Julien Champagne était appelé "mon maître" par Eugène Canseliet lorsque ceux-ci se présentaient chez l'éditeur des Fulcanelli, Jean Schemit .......

 

Ensuite voyons la venue de Julien Champagne chez René Schwaller de Lubicz, dit "Aor", et sa compagne "Isha".

Ci-dessous se trouve un autoportrait de Julien Champagne, réalisé vers 1930, à Lou Mas de Cocagnou, à Plan de Grasse, chez les Schwaller de Lubicz, Aor et Isha, ésotéristes connus pour leur travaux sur la mystique, la recherche des teintures sur les vitraux (cliquer sur le lien), mais aussi l'alchimie opérative et l'égyptologie.

Julien Champagne se fait appeller "Fulcanelli" lorsqu'il est reçu chez les Schwaller de Lubicz. La servante d'Aor, Nanette, et la belle-fille d'Isha, Lucie Lamy, témoignent de cet événement.

 

Julien Champagne, autoportrait peint vers 1930

 

 

Outre cet autoportrait, les Schwaller de Lubicz ont le trés rare privilège d'avoir reçu de Fulcanelli son livre dédicacé de sa main, "Le Mystère des cathédrales".

Voyez ci-dessous cette extraordinaire dédicace. C'est la deuxième connue de Fulcanelli, après celle destinée à son ami Jules Boucher (1902-1955), reproduite pour la première fois dans l'article de Robert Ambelain.

 

 

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Ce livre était dans la bibliothèque de René Schwaller de Lubicz, dit Aor, et de sa compagne Jeanne Germain, appelée Isha de son nomen mysticum.

Je vous propose de voir une vidéo de 2'30" sur la découverte en 1989 de la dédicace de Fulcanelli à René Schwaller de Lubicz de son livre "Le Mystère des cathédrales". C'est la deuxième dédicace de Fulcanelli qui se dévoile au grand jour. Y-en aura-t-il d'autres ?

Après le zoom sur la dédicace vous verrez dans la vidéo ci-dessous quelques uns des livres d'alchimie de leur fabuleuse bibliothèque provenant de "Suhalia". C'est le nom de la station scientifique des Schwaller à Saint-Moritz en Suisse, où ils étaient avec leur groupe d'ésotéristes quelques années auparavant.

 

 

 

Vidéo tournée en 1988 montrant l'autoportrait réalisé par Julien Champagne, un croquis de Champagne par Schwaller de Lubicz, anoté au dos de "Fulcanelli - Aor - 1930", le faire-part de décès de Julien Champagne envoyé par Mme Gaston Devaux, soeur de Champagne, à René Schwaller de Lubicz, la lettre de Mme Devaux à René Schwaller de Lubicz lui demandant de prendre en charge les frais de la plaque funéraire, avec l'inscription "Apostolus Hermeticae Scientiae" à faire porter dessus.

 

 

 

 

Voyez ci-dessous la tombe de Julien Champagne. Pour la situer autour de Paris cliquez sur le lien GoogleEarth ici, il vous y emmenera.

 

 

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Julien Champagne dicte ses dernières volontés à sa soeur avant sa mort survenue le 26 août 1932 à son domicile rue Rochechouard. Celle-ci les indique à René Schwaller de Lubicz par un courrier rédigé le 21 septembre 1933. René Schwaller de Lubicz paye les frais de gravure de la plaque funéraire.

La plaque funéraire est volée elle aussi. Gêne-t-elle quelqu'un ? C'est sa seconde mort. Julien Champagne n'a pas droit à un lieu de mémoire. Sa troisième mort interviendra lors des rééditions des Fulcanelli chez un nouvel éditeur, Jean Jacques Pauvert. La réédition ne contient plus que huit planches de Julien Champagne, au lieu des cents deux planches des éditions originales. L'oeuvre de Julien Champagne disparaît presque complètement et les livres de Fulcanelli sont mutilés !

 

Julien Champagne ne mérite-t-il pas un dernier hommage, en tant qu'Apôtre des sciences hermétiques" ?

 

 

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2011-08 Un lecteur passionné envoie la copie, ci-dessus, de la photo de la tombe de Julien Champagne, prise pas son jeune ami, Jules Boucher. Un grand remerciement à cet ami anonyme.

 

 

Elle était en marbre blanc et portait l'inscription :

 

Ici repose

Julien Champagne

Apostolus Hermeticae Scientiae

1877-1932

 

L'expression "A.H.S.", Apostolus Hermeticae Scientiae, employée ici par Julien Champagne, se retrouve exactement dans les deux dédicaces connues de Fulcanelli.  La deuxième, celle que vous venez de découvrir ci-dessus, est de la main même de Julien Champagne, comme indiqué par Lucie Lamy, belle-fille de René Schwaller, et Nanette, devenue par la suite sa domestique, qui toutes les deux ont vécu cet événement à Plan-de-Grasse.

 

 

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Alors, Julien Champagne est-il Fulcanelli ?

Il l'est lorsqu'il porte de sa main le fameux pseudonyme sur sa dédicace d'un "Mystère des cathédrales" à René Schwaller de Lubicz.

Usurpe-t-il ce pseudonyme ? Schwaller accepte la dédicace faite sous ce nom. Lui-même fait un croquis de Fulcanelli à l'encre rouge. Il marque au dos du petit portrait "Fulcanelli - Aor 1930". Ce portrait est accroché dans la cage d'escalier de sa villa "Le Mas de Cocagnou" située au Plan-de-Grasse, dans le midi. J'ai tenu ce portrait dans mes mains et lu l'envers.

Il en fait faire une copie, plus tard, que nous voyons ci-dessous.

 

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Ce portrait représente Julien Champagne, âgé de cinquante trois ans. Il n'a plus que deux ans à vivre.

 

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Julien Champagne était-il alchimiste lui-même ?

Dans la photo ci-dessous il est représenté assis derrière une table, dans une chambre transformée en laboratoire.

Cette photo rappelle l'article publié dans la revue "La tour Saint-Jacques" n°8 de janvier/février 1957 "Robert Ambelain vs Eugène Canseliet" où ces deux personnes argumentent sur l'identité de Fulcanelli. Dans cet article une photo est publiée, titrée à la page 208 "Jean-Julien Champagne dans son laboratoire".

La photo inédite ci-dessous nous montre la même pièce, agencée un peu différemment. Cette photo est fortement défraichie mais l'intérêt se trouve en bas à droite. Son cadre porte l'inscription :

 

 

"A P. Dujols

...(hommage d'un jeune.....iple.)

J. Champagne"

 

 

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La photo originale est mise en valeur par une marie-louise encadrée. Sur l'angle inférieur droit de celle-ci est apposée la dédicace manuscrite. La dédicace est adressée à Pierre Dujols. Cette photo se trouve dans ses affaires à sa mort. Un double photographique est fait par sa famille, englobant la marie-louise.

C'est cette deuxième photo, photo de photo, que vous découvrez ici.Elle est de taille modeste, 12,7 cm par 8,8 cm de côté. Nous verrons plus bas les détails de cette photo.

Cette dédicace à Pierre Dujols est une révélation.

 

Cliquer sur la photo

Pierre Dujols

Pierre Dujols, Essai de biographie.

 

Celui-ci est donc le maître en sciences hermétiques de Julien Champagne. Nous verrons ailleurs qu'il est aussi le maître en sciences hermétiques de Henri Coton, dit Alvart de son nom mystique, ou Henri Alvart F.O.E, Frère de l'Ordre d'Elie, ou Henri Coton-Alvart.

René Schwaller de Lubicz appartient aussi à cet Ordre d'Elie, composé de douze membres à son sommet, douze chevaliers portant épée et toge blanche comme il se doit entre gens bien.

René Schwaller de Lubicz connait donc Henri Coton. L'un est "ami et disciple de Fulcanelli", l'autre ainsi que Julien Champagne disciple de Pierre Dujols.

Nous avons là une preuve de plus de l'opérativité de Julien Champagne.

 

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Alors, si Julien Champagne est aussi un alchimiste opératif, travaillant au fourneau ou à la cornue, a-t-il laissé des écrits alchimiques ?

Trois documents sont connus. Les deux premiers consistent en anotation alchimiques de livres dans leurs marges. Le troisième est un manuscrit inédit intitulé "La vie minérale" gardé secret jusqu'à aujourd'hui où Archer, dans son excellent blog consacré à Julien Champagne, met à la connaissance de tous quelques pages de ce document exceptionnel.

Le premier document :

Dans la bibliothèque de Jules Boucher se trouve un exemplaire de 1920 d'un livre de Stanislas de Guaita, "Clefs de la magie noire", anoté. Jules Boucher (1902-1955) assure dans ses propres notes que celles-ci sont de Fulcanelli. Il n'y a pas de lien direct établi avec Julien Champagne, mais cet ouvrage est orné en première page de l'ex-libris de Jules Boucher, dessiné par ... Julien Champagne !  Pour lire les notes de Fulcanelli et voir l'ex-libris en grand format, cliquer ci-dessous.

 

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Robert Amadou, dans un article de "L'autre monde", numéro 76 de 1983,

 

 

Le deuxième document :

Julien Champagne possède le livre de Pott, professeur de chymie à Berlin, "Dissertations chymiques", traduites et publiées en français en 1759. Fulcanelli cite longuement et par deux fois cet auteur. Julien Champagne insère trois notes manuscrites dans les marges, auxquelles il juxtapose son ex-libris à l'encre rouge "spagiria". Ces notes montrent que Julien Champagne connaît bien les auteurs alchimiques, les termes chimiques contemporains ainsi que la pratique du laboratoire. Pour lire toutes ses notes, cliquer sur la photo.

Cliquer sur la photo

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Livre de Pott "Dissertations chymiques" anoté par Julien Champagne

 

 

 

 

Alors, si Julien Champagne est aussi un alchimiste opératif, travaillant au fourneau ou à la cornue, a-t-il pu rédiger les Fulcanelli ?

 

L'alchimiste Henri Coton, dit Coton-Alvart, est en corrrespondance avec un alchimiste de Barcelone, José Gifreda. Ce José Gifreda est mentionné auprès du public français par Eugène Canseliet.

José Gifreda et Eugène Canseliet échangent un volumineux courrier. Au décès de José Gifreda ses héritiers trouvent une correspondance d’environ 130 lettres d’Eugène Canseliet. La première lettre de Canseliet date de 1930. Elle parle de la " lettre G ". Il travaillait, selon un des héritiers, avec la galène. La première fois où Canseliet travailla avec l’antimoine, ce fut vers 1950, grâce à un morceau d’antimoine caché sous un gâteau que lui offrit son ami de Barcelone, quoique Canseliet connût cette terre depuis longtemps déja.

José Gifreda reçoit aussi quelques lettres de Henri Coton-Alvart. L'une d'elles indique : "Je ne comprends pas la publication des livres de Fulcanelli, en effet mon ami Pierre Dujols m’avait fait lire les manuscrits et les a passés à quelqu’un d’autre qui les a publiés sous le nom de Fulcanelli. Je me les suis procurés, mais je m’en suis aussitôt dessaisi. C’est une imposture. Je puis en parler, j’ai connu tous les protagonistes de cette époque."

Le témoignage de cet ingénieur-chimiste est clair. Les héritiers de José Gifreda publieront-ils ces lettres, partie de l'Histoire, à l'intention de tous ? En attendant ayant eu ces lettres entre mes mains, j'en témoigne. Pour une meilleure connaissance sur cet homme, cliquer ici sur le lien "biographie Fulcanelli - Henri Coton-Alvart", où se lit une biographie rédigée par l'éditrice du "Mercure Dauphinois", Mme Dubois.

 

Que doit-on penser de celà ? Pierre Dujols prête à Henri Coton, un de ses diciples, des manuscrits. Après lecture Henri Coton les rend, sans porter d'appréciation connue. A la publication des Fulcanelli il parle d'imposture. Ce terme signifie "tromperie d'une personne qui se fait passer pour ce qu'elle n'est pas". Pour Coton ce Fulcanelli apparu ainsi au titre de rédacteur de ces oeuvres est un imposteur. Coton sait en effet d'où elles proviennent.

Malheureusement nous ne sommes guère plus éclairés. En effet il est courant qu'un libraire-éditeur recoive des manuscrits en vu de publication. Le libraire le donne à lire à un comité de lecture qui validera ou non l'intérêt du manuscrit. Henri Coton joue-t-il ce rôle auprès de son ami libraire-éditeur et en même temps son Maître en sciences hermétiques ?

Lorsque le "Mystère des cathédrales" est publié, en 1926, Julien Champagne a quarante neuf ans. Est-il trop jeune pour avoir pu écrire un tel ouvrage ?

Fulcanelli écrit : "Nous nous refusons énergiquement à reconnaître une femme de vingt-cinq ans (Jeanne de Vivonne, à Dampierre sur Boutonne) comme bénéficiaire d’une science exigeant plus du double d’efforts soutenus et d’études persévérantes...". A travers cet exemple Fulcanelli mentionne une durée d'une cinquantaine d'années comme temps d'études nécessaires pour pouvoir réaliser le Grand Oeuvre. Ce temps peut nous paraître aujourd'hui bien long, trop long.

 

 

A défaut de savoir si Julien Champagne a rédigé les Fulcanelli, au moins les a-t-il illustrés. Force alors est de constater qu'il dessine le frontispice du "Mystère des cathédrales" bien avant. En effet ce dessin alchimique est publié dès 1912 dans le troisième catalogue de la fameuse "librairie générale des sciences occultes" fondée par Henri Chacornac. C'est le lieu de rendez-vous incontournable du Tout-Paris ésotérique.

 

Pour lire un large extrait de ce catalogue au format pdf, cliquer sur la photo ci-dessous

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Provenance collection particulière. Remerciement appuyé pour le partage.

 

 

Ce catalogue est composé de plusieurs chapitres : magnétisme, chiromancie, kabbale, magie, astrologie, alchimie... Au début de chaque chapitre Paul Chacornac, qui dirige la librairie avec son frère Louis suite au décès de leur père le 28 mai 1907, rédige une légère introduction rehaussée d'une illustration. Au chapitre "Alchimie" Paul Chacornac insère cette planche magnifique de Julien Champagne :

 

 

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Jean Artero, auteur contemporain, fut le premier a signaler celà dans son ouvrage "Présence de Fucanelli" publié chez Arqa en mai 2008.

Une différence saute aux yeux : le dessin de Julien Champagne illustrant le catalogue n'est pas daté, alors que dans la publication du "Mystère des cathédrales" de Fulcanelli le dessin se retrouve daté de 1910. Cette date se retrouve inscrite en bas à gauche du dessin, faisant le pendant à sa signature, posée en bas à droite "J. Champagne".

Egalement en 1910 il peint le vitrail des Saints-Innocents, aquarelle qui se retrouve ensuite dans le "Mystère des cathédrales". Puis en 1911 il peint le vitrail de la chapelle de Saint Thomas d'Aquin, à Paris. Cette aquarelle trouve place aussi dans le même ouvrage quinze années plus tard.

Généralement l'éditeur d'un ouvrage cherche un collaborateur pour illustrer un manuscrit une fois qu'il a décidé de l'éditer. Là, dans le cas de Julien Champagne, la décision d'éditer le manuscrit remonte-t-elle à 1910 ou avant ? Impossible, au vu des références livresques des bas de page qui sont pour certaines bien postérieures à cette date. Doit-on alors penser que le texte et les illustrations se sont faits conjointement ? Peut-on même penser que le texte aurait pris corps et serait venu en appui d'illustrations déja partiellement faites, elles-mêmes étant le reflet d'une réflexion menée à ce sujet par une personne ou un petit groupe de personnes ?

 

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Regardons la photo de photo, élément par élément, du laboratoire de Julien Champagne dédicacée à son Maître en sciences hermétiques Pierre Dujols et comparons là au frontispice du "Mystère des cathédrales".

 

Cliquer sur la photo pour accéder à la page du laboratoire de Julien Champagne

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Le laboratoire de Julien Champagne et son frontispice du "Mystère des cathédrales".

 

 

Ne laissons pas de côté le sphinx.

Ce sphinx semble indiquer un aspect philosophique ou occultiste que nous devons identifier, plutôt que de la pratique opérative. Son importance est soulignée par la surface tenue par le sphinx dans la composition. Il remplit les deux tiers de l'image alors que les instruments de la pratique au laboratoire sont rejetés en bas, quoique situés nettement en avant-plan. Par la pratique, nous atteindrons le Sphinx. Le corbeau juché sur le crâne est l'élément visuel le plus immédiat. Son aile gauche est parallèle au dos du Sphinx, faisant le lien avec le second plan.

Quel est le message du sphinx tenant dans sa patte droite l'Homme debout, auréolé d'une mystérieuse étoile ?

L'élucidation de cette question amène-t-elle un élément nouveau pour situer Julien Champagne et l'oeuvre des Fulcanelli ?

 

 

Julien Champagne, le sphinx et l'homme debout sous l'étoile

Le sphinx tient l'homme debout, sous l'étoile. Mais de quelle étoile s'agit-il ? Une Réponse auprés du baron de Sarachaga ?

 

 

La réponse semble se trouver dans l'environnement proche de Pierre Dujols.

Grace aux révélations de Filostène dans son livre exceptionnel "Fulcanelli exhumé" (éditions "La Pierre Philosophale", Hyères, janvier 2011) et aux photos qu'il projeta lors du "Colloque Fulcanelli", tenu vers Toulon le 7 mai 2011, se découvre une lettre rédigée par Pierre Dujols à son ami Paul Dec... - pour Paul Decoeur - datée du 11 avril 1911.

Pierre Dujols écrit : "Mon cher paul, voici quelques jours que mes jambes me font souffrir de plus en plus sans répit profitable. Pour m'aider, j'ai heureusement le soutien de Mr Samuel Cohen Lidiakos, envoyé par le baron de Sarachaga qui dépouille le courrier et établit ma correspondance au jour le jour. Je suis très content de ses services et remercie le Créateur de m'avoir ainsi donné l'accompagnement qui me faisait récemment défaut. Cher ami, comme il est loin le temps où nous devisions encore sur les philosophes qui nous résistaient par leurs paroles si prévenues! Vous aviez raison : la publicité et la foule n'aident en rien sur le chemin de l'escarboucle. J'en mesure la difficulté au quotidien. Lors des répits, je me remets volontiers au travail. Mais l'oeuvre s'éloigne..."

Le reste de la lettre est grandiose, attestant du succès opératif de Paul Decoeur deux ans plus tôt et dévoilant son pseudonyme Vulcain solaire. Mais laissons là pour l'instant la suite de ce document si incroyable et tournons nous vers le baron de Sarachaga, cité comme ayant organisé une aide au domicile de Pierre Dujols pour lui permettre de pallier à son handicap envahissant.

 

 

 

Pour compléter notre connaissance de Julien Champagne il faut s'arrêter sur la seule peinture alchimique connue de lui à ce jour, "la femme sur une tête de mort dans un matras de verre". Elle nous apprend à mieux le connaître.

 

cliquer ci-dessous pour aller à la page "Femme nue dans un matras de verre"

Julien Champagne, tableau de la femme dans un matras de verre

 

De la même manière arrêtons-nous au dessin original de Julien Champagne de la Vierge aux métaux planétaires de Notre-Dame de Paris qu'un passionné met à notre disposition.

cliquer ci-dessous pour aller à la page "Vierge aux métaux planétaires

Tableau de Julien Champagne, Dormition de la Vierge de la cathédrale Notre-Dame de Paris

 

 

 

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