Nicolas Flamel et son hostellerie

de la rue de Montmorency

 

 

Hostellerie de Nicolas Flamel

 

Six gros piliers en calcaire blond de Paris délimitent la façade de l'hostellerie et portent le linteau.

Nicolas Flamel fait graver une inscription sur ce linteau. La ville de Paris décide en 1900 de restaurer celle-ci, fortement dégradée, et fait fixer une plaque commémorative mentionnant "pour conserver le souvenir de leur fondation charitable".

Un avant-bras, sculpté sur le côté gauche du linteau, sort d'une nuée et déroule un long phylactère qui porte la supplique, ou l'injonction, de Nicolas Flamel :

 

Supplique de Nicolas Flamel

cliquer sur la photo pour une vue agrandie

 

"Nous, hommes affranchis laboureurs demeurant au porche de cette maison qui fut faite en l’an de grace mille quatre cent sept, nous sommes tenus chacuns de dire tous les jours un "Pater noster " et un "Ave Maria " en priant Dieu que dans sa grace il pardonne aux pauvres pécheurs trépassés. Amen".

 

L'homme moderne trouve sans doute naïf et bigot cette supplique. Cependant elle nous éclaire sur les priorités de Nicolas Flamel et de l'homme médiéval. Pour Flamel le monde d'en haut, par opposition au monde matériel, est le plus important. L'Esprit prédomine sur la matière qui "de terre est venue et en terre retourne", et qu'elle utilise pour son périple terrestre, constituant là le mystère de la vie.

Cette prépondérance donnée au monde invisible, à l'esprit et donc à la prière, est une nécessité pour Nicolas Flamel dont les manuscrits laissés en son nom traitent d'alchimie opérative. L'injonction qu'il nous adresse par delà les siècles aura-t-elle pour nous la même nécessité ? Sans doute le traiterons-nous, en notre fort intérieur, d'esprit faible.

 

Quatre anges musiciens encadrent le haut de la porte d'entrée, jouant du luth, de l'orgue portatif, de la harpe et d'un instrument non identifié. Ils ne sont pas là pour nous égayer d'une musique agréable. Ils nous rappellent que chacune de nos actions doit être harmonieuse de celles des autres, l'ensemble formant le concert de la Création.

 

L'ange jouant de l'orgue portatif à l'auberge Nicolas Flamel L'ange jouant de la harpe à l'auberge Nicolas Flamel
L'ange jouant d'un instrument de musique à l'auberge Nicolas Flamel L'ange jouant du luth à l'auberge Nicolas Flamel

La pierre calcaire, tendre, s'est errodée rendant l'identification malaisée. Cliquer sur l'ange jouant du luth pour une vue agrandie.

 

La musique est le symbole de l'harmonie régnant entre les choses. Nicolas Flamel pose là le cadre de son action qu'il souhaite en accord avec les grandes lois de la Création. L'hostellerie, dans son rôle d'accueil des déshérités, concourt à l'harmonie en permettant aux hommes en difficulté matérielle de garder leur statut d'homme à part entière, car tout homme est le réceptacle de l'esprit. Là est le fondement métaphysique de la charité et la justification de l'inscription sur le phylactère de la façade.

 

Enfin, à droite de la façade un bas-relief montre une scène champêtre.

Un homme portant une longue barbe, signant son âge avancé, est assis au pied d'un arbre. Une palissade en osier tressé délimite ce jardin où des brins d'herbes sont représentés. L'homme, encapuchonné, penche sa tête sur un grand livre qu'il tient ouvert sur ses genoux.

 

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Nicolas Flamel se fait-il représenter en tant qu'escrivain, rappelant sa profession ? Nicolas Flamel vient-il de découvrir le livre des figures hiéroglyphiques d'Abraham le juif ? Nicolas Flamel se montre-t-il en étudiant de la Nature ?

 

 

Cette hostellerie, réhabilitée en 2003, abrite encore aujourd'hui, en 2011, le restaurant Nicolas Flamel au 51 de la rue de Montmorency. Au delà des siècles la tradition d'accueil dévolue à ce lieu perdure, même si la forme diffère.

C'est là une chose magnifique pour les amoureux du vieux Paris et de son histoire secrète.

 

Ville de Paris 1900.jpg (18131 octets)

Logo fixé au bas de la plaque commémorant le remplacement de l'inscription du bandeau de la façade, en 1900.

 

Cette rue offre un autre clin d'oeil aux alchimistes contemporains. Des magasins spécialisés en orfèvrerie proposent du matériel spécifique au traitement des métaux précieux, notamment des coupelles en cendre d'os. Par celles-ci se réalise la coupellation, opération de séparation du métal noble, or ou argent, contenu dans un alliage métallique. Les alchimistes aspirants à la transmutation peuvent ainsi tester le fruit de leur labeur.

 

 

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